ECOLE DES DEFICIENTS AUDITIFS DE NDIKINIMEKI

Par notre mission d'instruire et d'éduquer, les sœurs de l'Enfant Jésus Nicolas Barré (EJNB), participent à la croissance intégrale de l'homme, de tout l'homme dans sa dignité et surtout les couches les plus défavorisées (femmes et enfants). De cette catégorie de personnes accablées par la pauvreté morale, matérielle et spirituelle, la surdité en constitue un véritable problème pour les enfants et adolescents à travers le monde à cause de son caractère relativement important. Cet handicap sensoriel complique quelquefois la communication entre malentendant et entendant. On note ainsi la mauvaise interprétation des gestes de part et d'autres, entraînant des malentendus entre les deux entités.
En effet, la privation de la parole ôte en partie chez le handicapé, la richesse de ses émotions du premier âge, la possibilité d'être rassuré à distance en dehors de son champ visuel.
Les Sœurs EJNB sensibles à cet aspect de l'enfant abandonné à lui-même, privé de toute éducation scolaire et surtout diminué de toute considération humaine, à l'initiative de la sœur Bénédicte, l'Ecole des Déficients Auditifs de Ndikiniméki (EDAN) voit le jour le 20 Octobre 1997 à Somo (Ndikiniméki) dans le diocèse de Bafia.
Le but est :

  • D'encadrer ces jeunes déficients auditifs, en les aidant à surmonter et à dominer leur déficience sensorielle.
  • De réaliser leur intégration par la seule action du système scolaire, afin d'offrir des solutions adaptées à leur personnalité, aux différentes étapes de leur évolution, à leur désir et à celui de leur famille.
  • D'élaborer des nouvelles techniques pédagogiques, pour solliciter le jeune enfant déficient auditif, afin de l'amener à s'exprimer oralement.

Tout compte fait, l'objectif primordial est d'aider cet enfant à grandir et à s'épanouir dans la société.
Ce n'est qu'en février 1998 que la petite école est réellement mise en route, avec un effectif de deux enfants sourds, tendant à décourager. Mais avec la grâce de Dieu, et l'esprit de Nicolas barré qui animait la sœur Bénédicte, en charge de ces enfants, à pouvoir relever cette catégorie de personnes de leur handicap, le soutien permanent de toutes les sœurs EJNB de la vice Province du Cameroun et de tout l'Institut, l'école a continué.

Les débuts furent très difficiles. Il fallait tout d'abord procéder à une campagne de sensibilisation qui consistait à:

  • Rééduquer les mentalités des villageois, dans l'acceptation de cet handicap au même titre que tous les autres handicaps. Pour eux, un enfant sourd est un enfant sans avenir, qui n'a pas droit à l'instruction et qui n'est voué qu'à des travaux champêtres. Quelle pauvreté, quelle ignorance de notre part de sous-humaniser un être aimé de Dieu, quand on sait qu'à ses yeux, tous les êtres humains sont égaux et bénéficiaires des mêmes privilèges ?
  • Encourager les familles à envoyer les enfants déficients auditifs à l'école.
  • Intéresser les enfants eux-mêmes.

Il est très important que les enfants comprennent les conséquences de leur surdité, qu'ils sachent qu'ils n'entendront pas en grandissant et que leur handicap va limiter le choix des métiers qu'ils auront à exercer, leur expliquer l'importance d'un langage articulé (langage des signes), et la langue écrite parfois facilement accessible à l'enfant sourd.
De nos jours, plusieurs familles commencent à comprendre l'importance d'envoyer leurs enfants à l'école, bien que limitées par les moyens financiers, puisse que l'EDAN est implantée dans un milieu rural, villageois, pauvre et essentiellement agricole